Exposition : parfums gantés… à humer

«Vous n’êtes que le gant, et moi je suis la main» disait Victor Hugo

Que le gant ? Non : surtout le gant. Au grand Musée du Parfum, il est à l’honneur dans une exposition à découvrir jusqu’au 14 octobre. C’est l’occasion de se pencher sur ces objets subtils, qui, parfumés, racontent une histoire, celle des parfums et de la mode.

Faisons un bond dans le temps :  dès le XIIème siècle, pour tanner les peaux, il fallait purger les mauvaises odeurs. Le métier de parfumeur est né au Moyen Âge, de celui de la tannerie et de la ganterie, en raison de ces fortes odeurs des peausseries.

C’est au XVIème siècle que la vogue des gants parfumés introduite par Catherine De Médicis donne naissance à la parfumerie de Grasse. Les liens demeurent si étroits qu’au XVIIIe siècle, gantiers et parfumeurs font partie de la même corporation. Une particularité historique qui va permettre à la Maison Fabre, fondée à Millau (Aveyron) en 1924, d’ouvrir à Versailles sa 4e boutique (2 à Paris, 1 à Millau).

A la même époque, les gantiers parfumeurs obtiennent du « parlement de Provence » des statuts spécifiques (1729). En partenariat avec la Maison Causse, l’Artisan Parfumeur propose des gants parfumés avec ses deux senteurs phare, mûre et musc extrême. Les concentrés seraient assez persistants pour parfumer les gants pendant environ trois ans.

Puis, peu à peu, les grands couturiers vont faire du gant – parfumé ou non – un incontournable des podiums. Au fil des collections, les créateurs laissent libre cours à leur imagination. Entremêlant les matières et les formes plus inattendues, ils  l’adaptent à toutes les extravagances et lui redonnent son importance.

Ainsi, pour Christian Dior, le gant long est « la touche ultime de l’élégance ». Pour Chantal Thomass il s’agit « du comble du raffinement ». Le gant est, pour créateurs, l’aboutissement du costume ; Givenchy le qualifie « d’accessoire précieux, une note de couleur et un raffinement dont on ne peut se passer » et Madame Grès « d’extrême raffinement d’une interprétation vestimentaire».

Au Grand Musée du Parfum, ils sont mis en scène dans un ballet de fines mains gantées, de différentes couleurs verte, vert anis, turquoise, jaune, … comme sur le point de s’animer. Sous chacune d’elle à leur manière, raconte l’histoire des gantiers parfumeurs à Grasse.

Profitons-en pour sentir sans se lasser les plantes à parfum employées dans la fabrication des gants ainsi que les différents odeurs de cuir. Une expérience peu ordinaire…

Poursuivre la visite dans le musée (voir article paru plus bas)